04 – Les premières manifestations

Le Horla - Guy de Maupassant - 04 - Les premières manifestations

Quelque chose de nouveau a commencé. Les manifestations apparaissent petit à petit. Un jour, j’ai trouvé ma chaise déplacée. J’ai pensé que je l’avais bougée, mais non. C’était étrange mais je n’y ai pas prêté attention au début.

Un matin, j’ai vu un livre ouvert sur la table. Je ne me souvenais pas de l’avoir ouvert. C’était un livre que je lisais la veille. Je me suis dit que j’avais oublié. Cependant, le doute était présent dans mon esprit.

À midi, pendant que je mangeais, j’ai entendu un bruit. La porte a claqué, alors qu’il n’y avait pas de vent. Je me suis levé pour vérifier. Rien, tout était normal, pourtant j’ai senti un frisson.

Les jours suivants, d’autres petits événements se produisirent. Mon voisin est venu dîner. Pendant le repas, le verre est tombé sans raison. Il a ri, mais j’ai vu l’hésitation dans ses yeux. — C’est le vent, dit-il. J’ai juste hoché la tête.

Souvent, je me sentais observé. En marchant dans le jardin, en me reposant sous l’arbre. Toujours cette présence que je ne comprenais pas. La nuit, les bruits légers me réveillaient encore. Sauf que maintenant, ils semblaient plus proches.

Une fois, je suis rentré tard. J’ai trouvé la lumière allumée. J’étais sûr de l’avoir éteinte. Je me suis assis et j’ai réfléchi. Ces moments devenaient fréquents. Des objets déplacés, des choses inhabituelles. Pourtant, rien n’était visible.

C’était le matin, je buvais du café. À ce moment-là, la tasse a glissé sans raison. J’ai sursauté, mon cœur battait plus fort. Le café s’est répandu sur la table. J’ai nettoyé, essayant de rester calme.

Je suis allé voir un ami en ville. J’ai parlé de mes doutes. — Peut-être un courant d’air ? m’a-t-il suggéré. Je n’étais pas convaincu, mais j’ai souri. Je me suis promis d’être attentif. D’observer mieux mon environnement.

Je me sentais pris entre le réel et l’inexplicable. Les jours passaient, les manifestations continuaient. Toujours des petits changements. Ma tasse qui se renverse, une bouteille qui tombe. Mon esprit était en alerte.

Il y avait des moments que je voulais ignorer, oublier. Des moments où je pensais partir, changer d’air. Mais quelque chose me retenait. Je devais comprendre. Qu’est-ce qui causait tout ça ?

Je notais tout dans mon journal. Chaque événement, chaque ressenti. C’était mon moyen de garder une trace. Peut-être, un jour, cela aurait un sens. Mais pour l’instant, les manifestations restaient invisibles et mystérieuses.

Le soir, je me sentais seul face à ces faits. Pourtant, je ne voulais pas en parler plus. J’avais peur des regards, des questions. Alors, je gardais tout pour moi, observant et espérant.

Les manifestations grandissaient petit à petit. Elles devenaient une partie de mon quotidien. Malgré l’incertitude, je continuais ma vie. Le mystère planait, mais je restais patient, vigilant.

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