09 – Rencontre finale entre Victor et le Monstre

Victor Frankenstein n’abandonne pas. Il poursuit le Monstre à travers les paysages glacés, le souffle court dans l’air froid. La neige tombe sans arrêt, mais il continue.

Un jour, au lever du jour, Victor aperçoit la silhouette du Monstre au loin. Il accélère, déterminé à mettre fin à cette chasse infernale.

Le Monstre, conscient de la présence de Victor, ralentit volontairement. Il sait que le moment de vérité est arrivé, que les comptes doivent être réglés.

Enfin, ils se rencontrent dans une petite clairière entourée d’arbres silencieux et givrés. Le silence est lourd entre eux, un silence imprégné de regrets et de souffrances.

Victor regarde le Monstre, son cœur plein de colère mais aussi de tristesse. — Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu fait ça ? — demande-t-il d’une voix tremblante.

Le Monstre, dans un souffle calme, répond : — J’ai cherché ton amour et ta compassion, mais tu me les as refusés.

Les deux êtres se regardent, chacun portant en lui le poids de choix passés. Un instant suspendu, rempli de mots non dits et de vérités dénoncées.

— Tu m’as créé et abandonné. Je suis devenu un Monstre, mais ne suis-je pas le fruit de ta propre ambition ? — questionne le Monstre, son regard perçant.

Victor ressent la piqûre de la vérité. Ses erreurs le traversent comme une lame glacée. — Je comprends maintenant, mais il est trop tard, murmure-t-il, accablé.

Les émotions se bousculent, et dans ce dialogue, ils prennent conscience qu’ils sont liés, inséparables dans leur destin tragique. Compréhension et désespoir se mêlent dans cet échange.

Victor ferme les yeux un instant, cherchant en lui-même la paix qu’il n’a jamais trouvée. — J’espérais un jour réparer mes fautes, mais je nous ai perdus dans cette quête de grandeur.

Le Monstre, touché par cette confession, réalise que même dans la haine, il y a de l’humanité en eux. — Je souhaitais seulement être accepté, murmure-t-il doucement.

Ils se tiennent là, deux figures dans la neige, figées dans une danse improbable de regrets et de compréhension. Une pause, puis un léger mouvement.

Dans ce froid glacial, Victor ressent l’épuisement de cette lutte intérieure. Il baisse la tête, acceptant enfin la profondeur de ses erreurs.

Le Monstre, lui, décide de partir, de quitter cette scène de désolation et de douleur. Il sait maintenant que son chemin se poursuit ailleurs, loin de son créateur.

Dans un dernier regard, leurs vies s’entrelacent une dernière fois, marquées par les élans d’une ambition démesurée et les conséquences d’une création sans fin.

Victor se retrouve seul, avec ses pensées et ses souvenirs. Il comprend que, malgré les erreurs, le pardon doit commencer dans son propre cœur, même si la rédemption semble hors de portée.

Le Monstre s’efface dans la blancheur du paysage, son avenir incertain mais désormais entre ses mains seules.

Panier
  • Votre panier est vide.
Retour en haut