Meursault est maintenant dans sa cellule, conscient du passage des jours. Chaque matin se lève avec une clarté qui semble plus vive alors que sa fin approche. Il passe ses journées à penser, à comprendre ce qui l’attend.
Le bruit extérieur parvient parfois à lui, brouillant le calme de l’intérieur. Mais rien ne perturbe vraiment le silence de sa cellule. Il est confronté à une solitude qu’il a appris à accepter.
Un jour, un gardien entre pour discuter. Il évoque les formalités à venir, tentant de rendre la conversation plus humaine, moins rigide. Meursault écoute, même si tout cela paraît lointain.
— Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? Demande le gardien avec gentillesse.
Meursault répond simplement : — Non, merci, tout va bien.
Meursault se penche sur les souvenirs pour passer le temps. Il se remémore ses moments avec Marie, se plonge dans la douceur de leurs journées partagées. Ces pensées lui apportent une paix curieuse.
Il pense aussi aux conversations avec Raymond, leur étrange amitié. Des souvenirs qui défilent dans le calme de l’esprit. La fidélité de Raymond, bien que déconcertante, est une sorte de présence.
Un après-midi, l’aumônier passe. Même s’ils ne partagent pas les mêmes convictions, l’aumônier essaie de réconforter Meursault. Mais la conversation reprend les mêmes lignes, chaque mot roulant sans cesse.
L’aumônier insiste : — Il est temps de faire la paix avec Dieu.
Mais Meursault, fidèle à lui-même, refuse cette vision. Il répond sans colère, mais avec certitude : — Je vis dans le monde humain, pas au-delà.
Les jours passent lentement mais inexorablement. Meursault accepte la réalité. Ses nuits, bien que courtes, sont pleines de réflexions, de pensées sur l’absurdité de la vie, des choix qu’il a faits.
Il reconnaît l’absurdité de l’existence, trouve un réconfort curieux dans cette absurdité acceptée. Il observe l’univers sans illusion, mais avec une clarté retrouvée.
Bientôt, le moment inévitable arrive. Meursault regarde le jour se lever une dernière fois. Il ressent la chaleur sur son visage, appréciant chaque fraction d’instant avec une intensité délibérée.
Il savoure la texture de la lumière qui filtre par la fenêtre, l’impact des souvenirs et l’être qu’il a toujours été. L’immédiateté de son existence prend un sens intime, personnel, et pourtant universel.
Avec sérénité, Meursault se prépare, s’apprêtant à vivre ces minutes comme une rencontre finale avec lui-même.