La bourrée comme danse folklorique traditionnelle de la région d’Auvergne

Couple en costumes d'époque dansant la bourrée auvergnate

Comme tu as pu le voir, la bourrée auvergnate est bien plus qu’une simple danse folklorique ; c’est un patrimoine vivant. Elle raconte, à travers ses pas, sa musique et ses costumes, toute l’âme d’un territoire et l’histoire de ses habitantes.

Elle n’est pas figée dans le passé, mais continue de vibrer aujourd’hui dans les bals et les fêtes de village, transmise avec passion. Alors, la prochaine fois que tu entendras le son d’une cabrette, n’hésite pas : lance-toi sur la piste et partage un moment de joie authentique !

Quelles sont les origines de cette danse traditionnelle du Massif Central ?

L’histoire de la bourrée est aussi riche que mystérieuse. Il est difficile de dater son apparition avec précision, mais la plupart des experts s’accordent à dire que ses racines plongent loin dans le temps, potentiellement jusqu’au Moyen Âge. Elle serait issue des danses paysannes, les branles d’Auvergne, qui animaient les veillées et les célébrations communautaires.

À l’origine, la bourrée était une danse spontanée, liée aux travaux des champs et à la vie rurale. Le mot « bourrée » viendrait d’ailleurs de la « bourrée » de fagots de bois que l’on jetait au feu pour éclairer et chauffer les soirées où l’on dansait. C’était avant tout un moment de cohésion sociale, un exutoire après une dure journée de labeur.

Ce n’est que bien plus tard, vers le 17e siècle, que la bourrée a été « anoblie » en entrant à la cour du roi, où elle fut codifiée et transformée. Cependant, en Auvergne, elle a su conserver son caractère authentique et populaire, se transmettant de génération en génération. Cette transmission culturelle a permis de préserver un élément essentiel du patrimoine culturel de l’Auvergne jusqu’à nos jours.

La musique et les instruments qui rythment le bal folk auvergnat

On ne peut pas imaginer la bourrée sans sa musique traditionnelle entraînante qui invite immédiatement à entrer dans la danse. Le son si particulier du bal folk auvergnat repose sur un duo ou un trio d’instruments emblématiques, créant une ambiance unique et festive. Les musiciens de bal sont les véritables gardiens de ce répertoire mélodique.

L’instrument reine est sans conteste la cabrette, une sorte de cornemuse typique du Massif Central. Avec son son puissant et perçant, elle porte la mélodie principale et donne toute son énergie à la danse. C’est elle qui « parle » aux danseurs et leur transmet la cadence et l’esprit de la bourrée.

À ses côtés, on trouve très souvent la vielle à roue. Cet instrument à cordes frottées produit un son continu, un bourdon, qui sert de base rythmique et harmonique. Le son de la vielle, à la fois rustique et envoûtant, se marie parfaitement à celui de la cabrette pour créer une texture sonore inimitable.

Plus récemment, l’accordéon diatonique a rejoint le duo traditionnel. Plus léger et plus vif, il apporte une touche de modernité et enrichit l’harmonie. Ensemble, ces instruments ne jouent pas seulement une partition, ils dialoguent et animent le cœur de la fête.

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Comment danser la bourrée ? Les pas de base à deux et trois temps

Alors, prêt(e) à te lancer ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pas de bourrée de base n’est pas si compliqué. L’essentiel est de sentir le rythme et de garder les pieds bien ancrés dans le sol, avec une posture droite mais souple. La bourrée est une danse d’énergie, pas de fioritures, où le jeu de jambes est roi.

Il existe principalement deux grandes familles de bourrées en Auvergne. La plus répandue est la bourrée à trois temps, qui se danse sur une mesure ternaire, un peu comme une valse très rapide et terrienne. Le pas de base consiste en un cycle de trois appuis, souvent avec un petit frappé du pied pour marquer le rythme et donner de l’élan.

L’autre grande variante est la bourrée à deux temps, souvent appelée la montagnarde. Comme son nom l’indique, son rythme est binaire, plus simple et plus direct, presque comme une marche rythmée. Elle est très entraînante et se pratique souvent en quadrettes ou en longues chaînes de danseurs.

Que ce soit à deux ou à trois temps, la bourrée est avant tout une danse de couple ou de groupe, un dialogue entre les danseurs. Le regard, les déplacements et les figures créent un véritable jeu de séduction et de complicité, ce qui en fait tout le charme. Pour apprendre la bourrée, le mieux est de se laisser guider par la musique et d’observer les autres danseurs.

Le costume traditionnel, un élément indissociable du folklore d’Auvergne

Quand un groupe folklorique monte sur scène pour danser la bourrée, le spectacle est aussi visuel que sonore. Le costume auvergnat, porté avec fierté, n’est pas un simple déguisement ; il raconte une histoire, celle des paysans et des artisans de la région aux 19e et début du 20e siècle. Il variait selon les villages, la richesse et l’occasion (travail, fête, deuil).

Pour les femmes, la pièce maîtresse est souvent la coiffe traditionnelle. Blanche, en dentelle, parfois complexe, sa forme indiquait l’origine géographique et le statut social. Elle se porte sur une tenue composée d’une jupe ample en laine ou en chanvre, d’un tablier, d’un caraco (corsage ajusté) et d’un châle croisé sur la poitrine.

Le costume masculin est plus sobre mais tout aussi codifié. Il se compose généralement d’un pantalon large en velours côtelé noir ou en drap de laine, d’une chemise blanche, d’un gilet et d’une veste appelée « biaude ». Un chapeau de feutre à larges bords complétait souvent la tenue pour se protéger du soleil et des intempéries.

Et aux pieds ? Les fameux sabots en bois ! Loin d’être un obstacle, ils étaient l’équipement de tous les jours. Pour danser, on les choisissait plus légers et ils devenaient de véritables instruments de percussion, claquant sur le sol pour marquer le rythme et ajouter une dimension sonore unique à la danse. C’est un élément clé de la culture auvergnate.

Où voir et apprendre la bourrée aujourd’hui ?

Bonne nouvelle ! La bourrée est loin d’être une danse de musée, elle est bien vivante. Pour la voir dans son élément le plus authentique, rien de tel que de se rendre dans une fête de village en Auvergne durant l’été. C’est là, au milieu des habitants, que la magie opère et que la danse prend tout son sens.

Pour assister à des spectacles de plus grande envergure, le Festival de Gannat, « Les Cultures du Monde », est un rendez-vous incontournable. Chaque année, il accueille des groupes folkloriques de la région et du monde entier, offrant un panorama exceptionnel des traditions populaires.

Et si l’envie de passer de spectatrice à danseuse te démange, c’est tout à fait possible ! De nombreuses associations dédiées aux danses du centre de la France organisent des cours et des stages de danses traditionnelles tout au long de l’année. C’est l’occasion parfaite pour s’initier dans une ambiance chaleureuse et passionnée, que tu sois seule ou accompagnée.

Comme tu as pu le voir, la bourrée auvergnate est bien plus qu’une simple danse folklorique ; c’est un patrimoine vivant. Elle raconte, à travers ses pas, sa musique et ses costumes, toute l’âme d’un territoire et l’histoire de ses habitantes.

Elle n’est pas figée dans le passé, mais continue de vibrer aujourd’hui dans les bals et les fêtes de village, transmise avec passion. Alors, la prochaine fois que tu entendras le son d’une cabrette, n’hésite pas : lance-toi sur la piste et partage un moment de joie authentique !

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