Gregor Samsa se trouva allongé dans son lit. Il fixa le plafond. Le plafond, blanc et familier, semblait lointain. Il devait se lever, se disait-il. Son emploi le lui imposait. Mais son corps… son corps lui résistait.
Gregor bougea un peu. Ses pattes grattaient les draps. Ce bruit le surprit. C’était sonore. Si fort pour lui à ce moment-là. Mais ce n’était qu’un début, il devait continuer à essayer.
Il pensa à sa mère, à son père, à sa sœur. Que diraient-ils s’ils le voyaient ? Il hésita. Sa mère insista derrière la porte.
— Gregor ! cria-t-elle. — Tu dois te lever ! Entamant un autre effort, Gregor réussit à faire glisser son corps vers le bord du lit. C’était difficile. Une vraie épreuve.
Il se demandait pourquoi tout était soudain si difficile. Le travail l’attendait. Le bureau comptait sur lui. Mais pouvait-il y aller aujourd’hui ?
À chaque mouvement, Gregor sentait son équilibre fragile. Ses antennes touchèrent le drap. Il poussa doucement. La lumière du matin inondait la pièce.
Un instant, il pensa qu’il pouvait presque se lever. Mais soudain, un vertige l’envahit. Il retomba à nouveau, incapable de bouger plus.
Ses parents recommencèrent à parler derrière la porte.
— Gregor ! Pourquoi ne réponds-tu pas ? demandait son père, un peu inquiet.
Son cœur bondit dans sa poitrine. Venir ouvrir était devenu une tâche impossible. Pourtant, il ne voulait pas qu’ils s’inquiètent davantage.
Gregor réalisa alors la gravité de sa situation. Il était piégé, à la fois mentalement et physiquement. Comment expliquer ce qui se passait, sans leur montrer ?
Sa sœur l’interpella aussi. — Gregor, tout va bien ? Veux-tu que j’entre ? Elle semblait douce et pleine de compréhension, ce qui l’apaisa un instant.
Il voulait tant répondre, les rassurer. Mais ses mots ne sortaient pas. Chaque son, chaque tentative de communication, était étranglé par cette nouvelle voix qui n’était pas la sienne.
L’espoir le quittait doucement. Il aurait donné n’importe quoi pour revenir à hier, à cette vie simple qu’il avait sans même le savoir.
Assis là, seulement avec ses pensées, Gregor décidai de redoubler d’efforts. Il fallait sortir, chercher de l’aide. Cela ne pouvait pas continuer ainsi.
Finalement, après plusieurs tentatives, Gregor abattit ses pattes sur le sol. La chambre tourna un peu. Se tenir debout n’était qu’un début. À chaque pas, il était vulnérable, mais il n’avait pas d’autre choix que de continuer.
Le temps passait lentement. Gregor pensa encore à sa famille, à ce qu’ils diraient. À ce qu’ils penseraient de cet insecte étrange. La peur le poussait en avant.
Il savait qu’il ne devait pas rester ainsi, qu’il devait aller de l’avant, malgré tout. Gregor Samsa, malgré les défis, devait se lever, sortir de cette chambre, peut-être pour leur montrer que rien n’avait changé. Ou peut-être tout.