01 · Compréhension
Qui propose d’abord sa protection ?
Enseignement à consulter : Comprendre le mouvement avant l’analyse
Correction explicative (après votre essai)
le chêne — Le chêne se présente en protecteur.
COLLECTION LITTÉRAIRE · B2 · FRANÇAIS
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30 août 2026 · Ecoleng · Parcours autonome
Jean de La Fontaine — Fables, « Le Chêne et le Roseau » ; Bernardin-Béchet, édition 1874, p. 58–59.
Type : texte littéraire du domaine public ; transcription Wikisource. Accès libre, document consulté le 30 août 2026.
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https://fr.wikisource.org/wiki/Fables_de_La_Fontaine_(éd._1874)/Le_Chêne_et_le_Roseau
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Un grand chêne photographié d’en bas en noir et blanc.
Photo : Alexandr Meadow / Pexels · Page originale · Licence Pexels. Illustration, non preuve historique.
La fable oppose deux manières de concevoir la résistance : tenir debout sans céder, ou plier sans se rompre. Mais la parole du chêne n’est pas simplement absurde : elle contient une offre de protection. Le roseau, lui, refuse cette aide sans nier toute bienveillance à son interlocuteur. Comprendre cette interaction demande de suivre à la fois l’argumentation et la manière de ménager une relation.
Vous apprendrez à concéder un point sans accepter une conclusion, à construire une hypothèse avec si et à distinguer le résultat d’un récit d’une règle universelle. Production : une réponse argumentée de 220 à 280 mots. Prévoyez trois séances d’une heure.
| Expression ancienne ou technique | Aide |
|---|---|
| avoir sujet de | avoir une raison de |
| un roitelet | un très petit oiseau |
| l’aquilon / le zéphyr | un vent fort et froid / un vent doux dans l’opposition poétique |
| le Caucase | un massif montagneux ; ici image de grandeur et de force |
| la cime / le feuillage | le sommet d’un arbre / l’ensemble des feuilles |
| le courroux | la colère ; le vent est représenté comme une force colérique |
| rompre | casser ; je romps, il rompt |
| un fardeau | une charge lourde |
| la concession | reconnaître un point favorable à l’autre avant de limiter sa portée |
| la personnification | attribuer des paroles ou intentions humaines à des êtres non humains |
| une antithèse | rapprocher des idées opposées pour faire ressortir le contraste |
Dans « Encore si vous naissiez… », encore ne signifie pas « une nouvelle fois » : l’expression ouvre une possibilité qui n’est pas réalisée dans la situation. « Encor » est la graphie poétique de cette édition. « D’aventure » signifie par hasard.
Fable originale complète, domaine public ; vers conservés. Le chêne, puis le roseau prennent la parole ; le narrateur raconte ensuite l’épreuve du vent.
P1Le chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien sujet d’accuser la nature ;
Un roitelet pour vous est un pesant fardeau :
Le moindre vent qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête ;
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir,
Je vous défendrais de l’orage :
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
Votre compassion, lui répondit l’arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci :
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables ;
Je plie et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L’arbre tient bon ; le roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.
Paraphrase de repérage. Le chêne décrit la fragilité du roseau et met en avant sa propre force. Il imagine qu’il pourrait le protéger si le roseau poussait près de lui. Le roseau reconnaît la bonne intention, mais estime que sa souplesse le protège autrement. Une tempête survient : le roseau plie et le chêne finit déraciné.
La fin vérifie, dans cette histoire, la capacité du roseau à survivre. Elle ne démontre pas que toute concession humaine est bonne ou que toute fermeté est mauvaise. Une fable propose une expérience de pensée par un récit, pas une enquête statistique.
Exemple résolu : « Votre compassion […] part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci. » Le roseau reconnaît une qualité : la bonne intention. Il refuse ensuite la conclusion pratique : avoir besoin de protection. Une reformulation fidèle est : « Certes, votre intention est généreuse, mais votre protection n’est pas nécessaire. »
L’hypothèse du chêne comporte une situation imaginée et son résultat : si le roseau naissait à l’abri du feuillage, le chêne le défendrait. Cette construction permet de discuter une possibilité sans affirmer qu’elle est réelle.
| Construction | Valeur | Exemple pédagogique |
|---|---|---|
| certes… mais… | admettre puis limiter | Certes, le chêne est fort, mais il peut tomber. |
| même si + indicatif | maintenir une conclusion malgré un fait ou une possibilité | Même si le roseau est fragile, il résiste. |
| bien que + subjonctif | concéder un fait | Bien que le chêne soit fort, il est vulnérable. |
| si + imparfait, conditionnel présent | imaginer une situation et sa conséquence | Si le roseau habitait près du chêne, il profiterait de son ombre. |
Imparfait des verbes réguliers : base de nous au présent sans -ons, puis -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Habiter : j’habitais, tu habitais, il habitait, nous habitions, vous habitiez, ils habitaient. Être : j’étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient.
Conditionnel présent régulier : infinitif + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Profiter : je profiterais, tu profiterais, il profiterait, nous profiterions, vous profiteriez, ils profiteraient. Être : je serais, tu serais, il serait, nous serions, vous seriez, ils seraient. Pour défendre, retirez le e final : je défendrais, tu défendrais, il défendrait, nous défendrions, vous défendriez, ils défendraient.
Après bien que, être au subjonctif : que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soient. Seules ces formes du subjonctif sont demandées dans les exercices. Après même si, on garde l’indicatif : même s’il est, pas même s’il soit.
Piège évité : le cours ne demande pas de conjuguer les verbes littéraires naître, croître ou rompre. Ils sont expliqués pour lire. Pour votre écriture, utilisez les verbes et les formes enseignés.
Un fait du récit est donné par la narration : le chêne est déraciné. Une interprétation donne du sens : sa rigidité peut symboliser une confiance excessive. Une hypothèse imagine une autre situation : si le vent était moins fort, l’issue serait différente. Une valeur exprime ce que l’on juge souhaitable : la prudence mérite d’être cultivée. Ne présentez pas une interprétation comme la seule intention certaine de l’auteur.
Modèle résolu : « La souplesse gagne toujours. » est trop général. « Dans la fable, la souplesse du roseau lui permet de résister à cette tempête ; transposer cette leçon à toute situation humaine demanderait d’autres arguments. » La restriction de portée conserve l’intérêt du récit et évite une fausse preuve universelle.
Dans « Certes…, mais… », détachez légèrement certes, puis donnez de l’appui au contraste introduit par mais. N’accélérez pas la seconde partie : elle porte votre idée principale. Les finales -ait et -aient de l’imparfait se prononcent ici de la même manière. Écoutez, reprenez avec une autre personne grammaticale, puis comparez votre fluidité.
La fable associe récit, dialogue et réflexion. La morale peut être construite par la fin sans être réduite à une phrase unique à apprendre. La personnification invite à penser des comportements humains, mais elle n’annule pas les détails du dialogue : l’offre du chêne et la politesse du roseau compliquent l’opposition force/faiblesse.
La photo montre un chêne réel. Elle ne prouve ni sa solidité ni sa fragilité ; un cadrage spectaculaire peut donner une impression de puissance. Le texte produit lui aussi un point de vue grâce à ses comparaisons.
La vérification des réponses brèves ignore majuscules et ponctuation, mais conserve les accents. Les réponses ouvertes ne sont pas notées automatiquement : confrontez sens, preuves et structure au guide. Le PDF des corrigés reprend les mêmes numéros.
Qui propose d’abord sa protection ?
Enseignement à consulter : Comprendre le mouvement avant l’analyse
le chêne — Le chêne se présente en protecteur.
Le récit se termine-t-il par le déracinement du chêne ou du roseau ?
Enseignement à consulter : Comprendre le mouvement avant l’analyse
du chêne — Le chêne tombe ; le roseau plie.
Dans « Certes, il est fort, mais il tombe », quel mot annonce le point reconnu ?
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
certes — Certes ouvre la concession.
Quel mode suit bien que dans les exemples ?
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
subjonctif — Bien que appelle le subjonctif.
Fait, interprétation, hypothèse ou valeur : « Sa rigidité peut symboliser une confiance excessive. »
Enseignement à consulter : Nuancer une conclusion
interprétation — C’est une lecture possible, pas un événement matériel.
Complétez : Bien que le chêne ___ fort, il est vulnérable. (être)
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
soit — Bien que + soit.
Complétez : Même si le roseau ___ fragile, il résiste. (être)
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
est — Le fait concédé reste à l’indicatif.
Complétez : Si nous habitions près du chêne, nous ___ de son ombre. (profiter)
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
profiterions — Infinitif profiter + ions.
Réécrivez avec nous : « Si je profitais de son ombre, je serais à l’abri. »
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
Si nous profitions de son ombre, nous serions à l’abri. — Profitions et serions suivent nous.
Unissez avec certes… mais… : « Il est fort. Il est vulnérable. »
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
Certes, il est fort, mais il est vulnérable. — La concession accepte le premier fait sans nier le second.
Remplacez même si par bien que : « Même si le chêne est fort, il tombe. »
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
Bien que le chêne soit fort, il tombe. — Est devient soit.
Corrigez : « Si nous serions forts, nous profiterions de cet abri. »
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
Si nous étions forts, nous profiterions de cet abri. — Être à l’imparfait : nous étions.
Corrigez : « Même s’il soit fragile, il résiste. »
Enseignement à consulter : Concession, opposition et hypothèse
Même s’il est fragile, il résiste. — La forme correcte est est.
Reformulez en 50 mots l’offre du chêne en distinguant sa générosité possible et sa confiance en lui.
Enseignement à consulter : Observer une concession et une hypothèse
Une lecture recevable reconnaît l’offre d’abri et montre que le discours valorise aussi la puissance du protecteur. La citation du contraste aquilon/zéphyr peut étayer le second point.
Nuancez en 50 mots : « La fable prouve qu’il faut toujours céder. »
Enseignement à consulter : Nuancer une conclusion
On attend une restriction de portée : plier permet ici de survivre, mais céder dans un conflit humain peut avoir d’autres conséquences. Il faut préciser les situations et ne pas appeler preuve un exemple fictif isolé.
Sujet : « La souplesse est-elle une forme de force ? » Écrivez 220 à 280 mots. Définissez souplesse comme capacité à adapter sa conduite, puis distinguez-la du renoncement à toute conviction. Plan conseillé : lecture du roseau → limite de la leçon → position conditionnelle avec un exemple imaginaire signalé.
Banque : certes ; néanmoins = malgré ce qui précède ; dans la mesure où = à condition que cela soit vrai à ce degré ; à l’inverse ; cela ne suffit pas à ; on peut interpréter ; si… était…, …serait… . Modèle de raisonnement : « Le roseau conserve sa capacité de résistance en acceptant un mouvement. On peut y lire une force d’adaptation. Cela ne signifie pourtant pas qu’une personne doive accepter toute demande. »
Réussite : thèse lisible ; deux appuis textuels distincts ; une objection sérieuse ; une concession correctement construite ; une hypothèse correcte ; pas de conclusion universelle tirée du seul récit. Oral : présentez votre thèse et son objection en 90 secondes, puis reformulez votre conclusion en une phrase plus nuancée.
Fermez la règle et expliquez-la avec vos mots. Rouvrez-la puis corrigez un oubli. Reprenez demain deux activités sans regarder votre première réponse. Les cases expriment votre propre bilan, pas une certification.
Notez une difficulté, un exemple réussi et une action précise pour la reprise.
Jean de La Fontaine : œuvres
Retrouver le recueil et comparer les titres ; prolongement facultatif.
https://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Jean_de_La_Fontaine
Ressources vérifiées le 30 août 2026. Les textes originaux sont du domaine public ; les photographies restent soumises à leur licence. La collection ne contient aucun manuel pédagogique protégé.