01 – La mort de la mère et l’indifférence de Meursault

Meursault, un homme simple, reçoit une nouvelle qui va changer sa vie. Sa mère est morte. Dès qu’il apprend la triste nouvelle, il ressent un manque d’émotion, une indifférence qui l’étonne lui-même. Il se prépare pour le voyage vers l’asile où sa mère vivait depuis quelques années.

En arrivant à l’asile, Meursault est accueilli par le directeur. Ils échangent quelques mots formels — Vous avez fait un long voyage, monsieur Meursault ? — Oui, c’était assez loin, répond-il sans ajouter plus. Le directeur lui explique les circonstances du décès et l’accompagne vers la chambre mortuaire.

Dans la chambre, Meursault observe sa mère étendue dans un cercueil, entourée de quelques amis de l’asile. Il remarque les détails sans s’impliquer émotionnellement, comme si tout cela ne le concernait pas. Les personnes présentes le regardent avec curiosité, cherchant une réaction, mais il ne montre rien. Ce détachement est palpable et soulève des murmures parmi les assistantes. On entend des chuchotements — Il a l’air si calme… — Peut-être est-il en état de choc ? Les spéculations vont bon train.

Après les veillées où les gens parlent peu et beaucoup fument, vient l’heure de l’enterrement. Le lendemain, sous un soleil accablant, le cortège funèbre se dirige vers le cimetière. Meursault marche derrière le corbillard, sensations amplifiées par la chaleur qui l’assomme. La sueur coule sur son visage tandis qu’il ne pense qu’à une chose : rentrer chez lui. Il se surprend à écouter les bruits du monde, les insectes, le vent, se concentrant sur tout sauf sur l’événement.

Le prêtre qui préside les obsèques s’adresse à lui : — Voulez-vous prier avec nous, monsieur Meursault ? — Non, merci, dit-il poliment. Cette froideur choque le prêtre, mais Meursault ne s’en préoccupe pas. Son esprit est ailleurs, perdu dans la contemplation du ciel bleu et éblouissant.

Une fois de retour à Alger, Meursault reprend sa vie quotidienne comme si rien ne s’était passé. Ses collègues de bureau lui présentent leurs condoléances. Il les remercie simplement, sans ajouter de commentaire personnel, une légèreté déconcertante pour certains. Ils le regardent différemment, avec un certain malaise.

Meursault, lui, se sent libre, comme si cet événement n’avait en rien altéré son existence. Cette indifférence persiste, il continue à vivre dans l’instant présent, savourant la vie sans s’entraver de sentiments complexes. Alors qu’il rentre chez lui ce soir-là, il s’achète un dîner à emporter, se réjouissant d’une tranquille soirée solitaire.

Cependant, quelque chose a changé dans sa perception du monde. Des détails fidèles aux mêmes habitudes suscitent son intérêt. Pourtant, son regard reste froid, enfermé dans un détachement qu’il ne cherche pas à analyser. C’est comme si, pour lui, l’émotion était une chose inutile, une distraction qu’il préférait ignorer.

Au fil des jours, seul le temps apportera des réponses aux raisons de cet ataraxie qui devient une part de son identité. Pour l’instant, Meursault navigue avec un courant de vie limpide, observateur silencieux de ses propres mouvements dans un monde qui continue sans se soucier de son manque d’implication émotionnelle.


Mots et expressions à retenir

Indifférence : absence de réaction émotionnelle.

Accueil : réception ou manière de recevoir une personne.

Cercueil : boîte dans laquelle on place le corps d’un défunt.

Murmure : voix basse et indistincte, souvent de désapprobation.

Cortège funèbre : ensemble de personnes accompagnant un défunt au cimetière.

Sueur : liquide salé qui sort par les pores de la peau en cas de chaleur.

Ataraxie : état de tranquillité et d’équilibre de l’esprit.

Condoléances : expression de sympathie à quelqu’un pour sa peine.

Chrétien : en rapport avec la religion chrétienne.

Libre : qui ne dépend pas d’une contrainte externe, qui agit selon sa volonté.

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