La phrase complexe






La phrase complexe



Grammaire française

La phrase complexe

Comprendre comment plusieurs propositions (groupes de mots organisés autour d’un verbe) s’assemblent pour former une phrase plus riche, plus précise et plus nuancée.

Réseau abstrait de lignes lumineuses, sans texte, évoquant les liens entre les propositions d’une phrase complexe.
Image Pexels sans texte sur l’image : U. Lucas Dubé-Cantin.

1. Reconnaître une phrase complexe

Une phrase complexe est une phrase qui contient au moins deux propositions (unités construites autour d’un verbe, le plus souvent conjugué).

Phrase simple : Éric s’est mis au régime.

Phrase complexe : Dès que l’été approche, Éric se met au régime.

Pour repérer une phrase complexe, on cherche donc les verbes et les groupes qui fonctionnent comme des propositions.

Astuce : plusieurs verbes conjugués signalent souvent plusieurs propositions, mais certaines subordonnées peuvent aussi contenir un infinitif ou un participe.

2. La proposition indépendante

Une proposition indépendante est autonome : elle peut fonctionner seule sans perdre sa structure essentielle.

Il ne mange plus de fromage et il évite les gâteaux.

On peut séparer : Il ne mange plus de fromage. Et il évite les gâteaux.

3. Principale et subordonnée

Une proposition principale gouverne une autre proposition. Une proposition subordonnée dépend d’elle : elle ne peut pas toujours être isolée sans modifier la phrase.

Je lui promets un menu diététique pour qu’il vienne dîner ce soir.

La seconde proposition dépend de la première.

4. Juxtaposition et coordination

La juxtaposition

Des propositions sont juxtaposées lorsqu’elles sont placées côte à côte et séparées par une virgule, un point-virgule ou deux points.

Le hibou hulule, l’aigle glatit, l’albatros piaule.

L’absence de mot de liaison ne signifie pas absence de lien de sens. Deux propositions juxtaposées peuvent exprimer une opposition, une conséquence ou une succession rapide.

La coordination

Des propositions sont coordonnées lorsqu’elles sont reliées par un connecteur (mot de liaison), par exemple une conjonction de coordination ou un adverbe de liaison.

maisouetornicarcependantpourtantpuisensuite

J’ai appris les noms de cris d’animaux, mais je les ai oubliés.

5. Les propositions subordonnées selon leur nature

La subordination peut être indiquée par un connecteur ou, dans certains cas, par l’absence de connecteur. Voici les grandes catégories à connaître.

Marque de subordination Nature de la subordonnée Exemple
Conjonction de subordination ou locution conjonctive Conjonctive Il faut que je réserve des places.
Pronom relatif Relative Les places que j’ai réservées sont au premier rang.
Mot interrogatif Interrogative Demande-lui quelles places il a réservées.
Mot exclamatif Exclamative Regarde comme nous sommes bien placés.
Aucun connecteur Infinitive J’ai entendu mon père réserver des places.
Aucun connecteur Participiale Les places étant réservées, nous pouvons arriver tard.

6. Les subordonnées selon leur rôle

  • Complétive : elle joue souvent le rôle d’un groupe nominal. Exemple : Nous avons réaffirmé que le projet nous plaisait.
  • Relative : elle précise un nom, comme un adjectif. Exemple : Mets de côté les vêtements dont tu auras besoin.
  • Circonstancielle : elle indique souvent une circonstance de temps, de cause, de but, de condition ou de conséquence. Exemple : Nous nous lèverons dès que le réveil sonnera.

7. Le cas des propositions insérées

Une proposition insérée est placée à l’intérieur ou à la fin d’une autre proposition. Elle n’est pas introduite par un mot de liaison et elle est détachée par la ponctuation.

Il cria — je m’en souviens encore — qu’il était le plus heureux des hommes.

  • Incise : elle indique que l’on rapporte des paroles ou des pensées. Exemple : Je suis le plus heureux des hommes, pensa-t-il.
  • Incidente : elle ajoute un commentaire. Exemple : Je suis le plus heureux des hommes, c’est certain.

8. Activité de repérage

Dans chaque phrase, indique s’il s’agit d’une phrase simple ou d’une phrase complexe.

  1. Le vent se lève.
  2. Quand le vent se lève, les volets claquent.
  3. Sarah relit son texte et elle corrige les virgules.
  4. La nuit tombe.
Voir la correction
  1. Phrase simple : un seul verbe conjugué.
  2. Phrase complexe : deux propositions.
  3. Phrase complexe : deux propositions coordonnées par et.
  4. Phrase simple : une seule proposition.

Classe les propositions en gras : indépendante, principale ou subordonnée.

  1. Nous sortirons quand la pluie cessera.
  2. Nous sortirons quand la pluie cessera.
  3. Le train arrive et les voyageurs se préparent.
Voir la correction
  1. Nous sortirons : proposition principale.
  2. quand la pluie cessera : proposition subordonnée circonstancielle.
  3. Les deux propositions sont indépendantes et coordonnées par et.

Transforme les deux phrases simples en une phrase complexe.

  1. J’ai terminé mon travail. Je peux me reposer.
  2. Tu m’appelleras. Tu arriveras devant le théâtre.
  3. Le professeur explique la règle. Les élèves prennent des notes.
Propositions de réponse
  1. Comme j’ai terminé mon travail, je peux me reposer.
  2. Tu m’appelleras quand tu arriveras devant le théâtre.
  3. Le professeur explique la règle et les élèves prennent des notes.

9. L’essentiel à retenir

  • Une phrase complexe contient au moins deux propositions.
  • Les propositions indépendantes peuvent être juxtaposées ou coordonnées.
  • Une subordonnée dépend d’une proposition principale.
  • Les subordonnées peuvent être classées selon leur connecteur ou selon leur rôle dans la phrase.
  • Les propositions insérées ajoutent une indication de parole, de pensée ou de commentaire.
Objectif : savoir reconnaître les liens entre les propositions pour mieux comprendre et mieux construire les phrases complexes.