La proposition subordonnée complétive

La proposition subordonnée complétive

Un cahier ouvert avec des pages vierges sur une table en bois

Objectif : reconnaître une proposition subordonnée complétive, identifier sa nature et comprendre sa fonction dans la phrase complexe.

Sommaire

Comment utiliser cette leçon

  • Lis d’abord les exemples pour observer la construction des phrases.
  • Repère la proposition subordonnée et demande-toi si elle est essentielle.
  • Identifie ensuite sa nature : conjonctive, interrogative indirecte, exclamative indirecte ou infinitive.
  • Termine par les exercices pour vérifier que tu peux analyser une phrase complète.

1. Qu’est-ce qu’une subordonnée complétive ?

Une proposition subordonnée complétive est une proposition subordonnée qui complète un verbe, un nom, un adjectif ou parfois une construction entière.

Elle est généralement essentielle au sens de la phrase : si on la supprime, la phrase devient souvent incomplète.

Exemple : J’attends qu’il parte.

La proposition qu’il parte complète le verbe attends. Elle indique ce que j’attends.

Test utile : une complétive peut souvent être remplacée par un groupe nominal.

Mes parents ont refusé que je les aide.Mes parents ont refusé mon aide.

2. Les trois natures de subordonnées complétives

Nature Connecteur Exemple
Complétive conjonctive que, à ce que, de ce que Je pense qu’il a raison.
Interrogative indirecte si, qui, ce que, pourquoi, comment Je me demande s’il viendra.
Exclamative indirecte comme, combien, quel Regarde comme il a grandi.
Proposition infinitive Aucun connecteur J’entends les enfants jouer.

3. La subordonnée complétive conjonctive

La complétive conjonctive est introduite le plus souvent par que.

La conjonction que est un connecteur pur : elle relie la proposition principale et la subordonnée, mais elle n’a pas de fonction grammaticale dans la subordonnée.

3.1. Complément d’objet direct

Elle m’a dit que les soldes commençaient demain.

La proposition que les soldes commençaient demain est COD du verbe a dit.

On peut dire : Elle me l’a dit.

3.2. Complément d’objet indirect

Je m’attends à ce qu’elle réponde rapidement.

La proposition à ce qu’elle réponde rapidement est COI du verbe m’attends.

On peut dire : Je m’y attends.

3.3. Autres fonctions possibles

Fonction Exemple
Sujet Que tu réussisses me ferait plaisir.
Complément d’une forme impersonnelle Il faut que tu sois attentif.
Attribut du sujet Le problème est que nous manquons de temps.
Complément du nom Il vit dans l’espoir qu’elle reviendra.
Complément de l’adjectif Je suis certain qu’il comprend la règle.
Apposition Il n’a qu’une idée : que tout soit clair.

3.4. Indicatif ou subjonctif ?

Mode Quand l’utiliser ? Exemple
Indicatif Fait présenté comme réel, certain, constaté ou déclaré Je sais qu’il est arrivé.
Subjonctif Souhait, doute, nécessité, sentiment, possibilité Je doute qu’il soit arrivé.

À retenir : on emploie souvent l’indicatif après des verbes comme savoir, penser, constater, annoncer. On emploie souvent le subjonctif après des expressions comme il faut que, je veux que, je doute que, il est possible que.

4. L’interrogative indirecte et l’exclamative indirecte

4.1. La subordonnée interrogative indirecte

La subordonnée interrogative indirecte rapporte une question de manière indirecte.

Elle complète souvent un verbe comme demander, ignorer, savoir, chercher, expliquer.

Type d’interrogation Connecteur Exemple
Interrogation totale si Je ne sais pas s’il viendra.
Interrogation partielle qui, , quand, pourquoi, comment Je me demande pourquoi il part.
Objet ou sujet non animé ce qui, ce que Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

Attention : est-ce que appartient à l’interrogation directe.

On n’écrit pas : Je me demande qu’est-ce qu’il veut.

On écrit : Je me demande ce qu’il veut.

4.2. La subordonnée exclamative indirecte

La subordonnée exclamative indirecte rapporte une exclamation.

Elle est introduite par des mots comme comme, combien, si, quel, quelle, quels, quelles.

Voyez comme il a grandi.

Regardez quelle taille est la sienne.

5. La proposition infinitive

La proposition infinitive est organisée autour d’un infinitif qui possède son propre sujet.

Elle n’est introduite par aucun connecteur.

Proposition infinitive : Nous regardons les étoiles se lever.

Le verbe regardons a pour sujet nous. L’infinitif se lever a pour sujet les étoiles.

Simple groupe infinitif : Les enfants aiment observer les étoiles.

Observer les étoiles n’a pas de sujet propre : ce n’est donc pas une proposition infinitive.

La proposition infinitive apparaît souvent après des verbes de perception : voir, regarder, entendre, écouter, sentir.

J’ai entendu la porte claquer.

Boîte à outils

Question à poser Ce qu’elle permet d’identifier
La proposition est-elle essentielle ? Elle peut être complétive.
Peut-on la remplacer par un groupe nominal ? Elle fonctionne peut-être comme un complément.
Est-elle introduite par que, à ce que ou de ce que ? C’est probablement une complétive conjonctive.
Rapporte-t-elle une question ? C’est une interrogative indirecte.
Rapporte-t-elle une exclamation ? C’est une exclamative indirecte.
Y a-t-il un infinitif avec son propre sujet ? C’est peut-être une proposition infinitive.

Exercices

Exercice 1 — Reconnaître une complétive

Quelle phrase contient une proposition subordonnée complétive ?

Le livre que tu lis est passionnant.
Je pense que tu as raison.
Quand il pleut, nous restons à la maison.
Solution

Réponse correcte : Je pense que tu as raison.

Pourquoi ? La proposition que tu as raison complète le verbe pense.

À retenir : après un verbe d’opinion, que peut introduire une complétive conjonctive.

Exercice 2 — Choisir la bonne analyse

Dans la phrase Je ne sais pas ce qu’il veut, quelle est la nature de la proposition soulignée ?

Une subordonnée relative.
Une subordonnée interrogative indirecte.
Une proposition infinitive.
Solution

Réponse correcte : une subordonnée interrogative indirecte.

Pourquoi ? La phrase rapporte indirectement une question : Que veut-il ?

À retenir : on écrit ce qu’il veut, et non qu’est-ce qu’il veut, dans l’interrogation indirecte.

Exercice 3 — Indicatif ou subjonctif

Quelle phrase emploie correctement le subjonctif après une idée de doute ?

Je doute qu’il vient demain.
Je doute qu’il vienne demain.
Je sais qu’il vienne demain.
Solution

Réponse correcte : Je doute qu’il vienne demain.

Pourquoi ? Le verbe douter présente le fait comme incertain.

À retenir : après je doute que, on emploie généralement le subjonctif.

Exercice 4 — Identifier une proposition infinitive

Quelle phrase contient une proposition infinitive ?

J’entends les enfants chanter.
Les enfants veulent chanter.
Il demande que les enfants chantent.
Solution

Réponse correcte : J’entends les enfants chanter.

Pourquoi ? L’infinitif chanter a son propre sujet : les enfants.

À retenir : une proposition infinitive contient un infinitif avec son sujet propre.

Production guidée

Consigne : écris cinq phrases complexes contenant chacune une proposition subordonnée complétive différente.

  1. Une complétive conjonctive COD avec que.
  2. Une complétive conjonctive COI avec à ce que ou de ce que.
  3. Une interrogative indirecte avec si.
  4. Une interrogative indirecte avec ce que, pourquoi ou comment.
  5. Une proposition infinitive après un verbe de perception.

Checklist de réussite

  • Chaque phrase contient une proposition subordonnée ou infinitive clairement identifiable.
  • La proposition est essentielle au sens de la phrase.
  • Le connecteur est correct.
  • Le mode verbal est cohérent : indicatif ou subjonctif selon le sens.
  • La phrase reste claire et ponctuée correctement.

Espace notes

L’essentiel à retenir

  • Une subordonnée complétive est essentielle à la construction et au sens de la phrase.
  • Elle peut être conjonctive, interrogative indirecte, exclamative indirecte ou infinitive.
  • La complétive conjonctive est souvent introduite par que, à ce que ou de ce que.
  • Elle peut avoir plusieurs fonctions : COD, COI, sujet, attribut, complément du nom ou de l’adjectif.
  • L’interrogative indirecte rapporte une question sans utiliser la forme directe est-ce que.
  • La proposition infinitive contient un infinitif avec son propre sujet.